Sénégal 1-1 Côte d’Ivoire (4-5, T.a.b) : analyse d’un début de métamorphose côté ivoirien

Qualifiés miraculeusement, les Eléphants ont réussi à se hisser en quart de finale en éliminant au passage le champion en titre, Sénégal. C’est un grand accomplissement en soi mais c’est surtout le caractère dont ils ont fait preuve qui a séduit. Mais le véritable acteur de cette prouesse se trouve sur le banc : Emerse Faé dont les choix ont été audacieux et payants. 

L’équipe de Côte d’Ivoire avait affiché ses limites en attaque depuis le début de la compétition, enchaînant deux matchs sans marquer. Le phénomène était surprenant et illustrait notamment l’impact des absences sur le potentiel offensif de la formation de Jean Louis Gasset. Mais le sélectionneur intérimaire, Emerse Faé a remédié au problème lundi, dans un choc déterminant face au Sénégal. Cette équipe qui était apparue si désorganisée et si fébrile en phase de poules, au bord du précipice et d’une déflagration terrible, a retrouvé de l’allant et du cœur.

Un banc intelligemment exploité  

Sans Sébastien Haller et Simon Adingra, l’animation offensive ivoirienne avait déjà, fatalement, moins de potentiel. Le manque de rythme de Kouamé n’a pas arrangé les choses. Celui qui était devenu titulaire sous la tutelle de Gasset était méconnaissable. Il a été d’assez loin le joueur le plus dangereux dans la surface adverse face au Nigéria et à la Guinée Equatoriale. Sans solution, sans créativité, la Côte d’Ivoire n’a pas pu compter sur ses individualités pour déstabiliser un bloc bas. La solution collective n’a pas été trouvée, non plus. Moins libre de se projeter vers l’avant, Franck Kessié n’avait pas pu soutenir les mouvements offensifs. Jean Philippe Krasso ne s’est pas ménagé pour décrocher de son poste d’avant-centre et apporter ce relais qui manquait. En conséquence, il n’a que trop rarement pu offrir ses qualités de buteur dans la surface. 

Mais, Emerse Faé a trouvé la bonne formule, puisé dans l’effectif, la ressource nécessaire pour redonner une nouvelle image à cette équipe. Ce qui est plutôt bien réussi. Modifier le système en passant d’un 4-3-3 que Gasset modulait en 3-5-2 à un 4-4-1-1 modulable en un 4-2-3-1 avec trois nouvelles têtes : Max Gradel, Jean Michael Séri et Odilon Kossonou. Vif et entreprenant, Séri a apporté une qualité individuelle qui faisait défaut jusque-là et a donné la pleine mesure de son talent. Kossonou a été impeccable dans la défense. Et l’entrée de Nicolas Pépé et Sébastien Haller a boosté l’animation offensive de cette formation qui n’avait plus rien à perdre. 

La sérénité et la créativité retrouvée 

La question de changement de système a failli coûter cher quand ils ont été cueillis à froid par le but d’Habib Diallo (4’, 1-0). L’apathie défensive de Serge Aurier sur le passeur et de Jean Michaël Seri sur le buteur a été chèrement punie. Mais les choix de Faé ont donné une vitesse et une créativité qui a manqué aux Éléphants. Bien vrai dans la première période, la Côte d’Ivoire semblait perdu et surtout dépourvu d’inspiration.  S’ils n’ont pas inquiété Edouard Mendy, à l’exception notable de Seko Fofana (40e), les Eléphants ont envahi le camp sénégalais durant de très longues phases. Problème : le replacement défensif des Lions de la Teranga, disposés en 3-4-3, les a souvent frustrés. Ce n’est qu’au retour des vestiaires qu’ils ont eu de la matière à vendre. Un Séri plus libre pour accompagner les attaques et le choix d’intégrer un joueur plus créatif comme Pépé dans l’offensive ont été payants. L’attaquant de Trabzonspor aura été dans tous les bons coups. 

Autant précisé que la présence de Sébastien Haller a pesé sur la défense sénégalaise et a surtout donné plus de liberté aux ailiers. Mais c’est en occurrence sa transversale pour Pépé qui a tout changé dans ce match.  Bien avant, les Ivoiriens ont eu des balles d’égalisation face à un Sénégal qui a joué avec le frein à main. D’abord la tête de Kessié (73e) et le plat du pied de Nicolas Pépé (77e), tout juste entrés en jeu, ont été détournés par Edouard Mendy. Impérial, ce dernier s’est ensuite rendu coupable de la faute sur Pépé à la 84e et le penalty transformé par Kessié a fait rugir de plaisir le stade Charles-Konan-Banny (1-1, 86e). C’est ainsi que la Côte d’Ivoire a gagné le droit de continuer l’aventure dans sa compétition en éliminant le tenant du titre aux tirs au but.  Il a suffi d’un tir au but envoyé sur le poteau de Moussa Niakhaté pour faire le bonheur des Eléphants.  

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