Novak Djokovic : sa réelle place dans le débat du “GOAT” du tennis

Novak Djoković est de retour au sommet. Le Serbe a remporté son troisième titre au tournoi de Roland-Garros en battant Casper Ruud, après avoir battu Carlos Alcaraz (alors numéro 1 mondial) en demi. Ce qui lui permet de reprendre la première place au classement ATP mais surtout de devenir l’unique recordman de titres du Grand Chelem remportés. Avec 23 trophées, il passe devant Rafael Nadal (22) et Roger Federer (20). 

C’est reparti pour un nouveau chapitre du débat interminable à propos du GOAT. À l’instar des autres sports, c’est une question qui revient aussi souvent dans les discussions. Si pendant longtemps, le débat tournait autour de Rafael Nadal et Roger Federer, Novak Djoković s’est aussi fait sa place durant ces dernières années. Avec son titre remporté à Roland-Garros et le record de titres du Grand Chelem remportés, le Serbe a un argument de poids. Cependant, cela n’est pas suffisant pour mettre fin au débat.

Zoom sur les 23 titres 

Il y a une première démarche à mener dans cette analyse. Novak Djokovic devient certes le joueur le plus titré de l’histoire dans les compétitions du Grand Chelem, mais il est important dans un premier temps de prendre séparément ces compétitions. La compétition considérée comme la plus prestigieuse parmi les tournois du Grand Chelem est celui de Wimbledon. Celui qui détient le record de titres remportés est Roger Federer. Avec huit titres à son actif, c’est la référence du tournoi anglais.

Après Wimbledon, la compétition qui suit dans la hiérarchie est le tournoi de Roland-Garros. Il est aussi reconnu pour être le tournoi le plus difficile. Se jouant sur terre battue, il met à l’épreuve la capacité d’adaptation des tennismen. Et le maître incontesté est bien sûr l’Espagnol Rafael Nadal. Avec 14 sacres en carrière, le natif de Majorque a fait de la terre battue son terrain de jeu favori. À titre de comparaison, Novak Djokovic n’en a remporté que 3. Pour un prétendant au titre de GOAT, ça fait tâche, surtout qu’il s’agit de la compétition la plus redoutée. 

Le Serbe, lui, se sent plus à l’aise en Australie. C’est le plus titré de l’Open d’Australie avec 10 victoires. L’Open d’Australie arrive en troisième position dans la hiérarchie. Un tournoi qui occupe une grande place dans son palmarès global. Lorsqu’on se rend compte que les deux premières compétitions ne sont pas dominées par Novak Djokovic, et en plus que c’est Nadal et Federer les plus titrés, les cartes sont un peu rabattues. 

L’image de l’éternel second 

Nous sommes dans un débat où la perception populaire a un poids assez important. Et ces 10, 15 dernières années, les deux noms les plus populaires de la discipline étaient Roger Federer et Rafael Nadal. Ce, même si dans les faits, ce n’étaient pas forcément les plus performants sur la période. Mais la rivalité sportive qui s’est créée entre le Suisse et l’Espagnol a augmenté leur aura et a eu beaucoup d’influence sur le jugement du grand public. Par conséquent, dans l’imaginaire collectif, le meilleur est forcément parmi ces deux-là. 

Cependant, Novak Djoković s’est invité au débat ces dernières années et contraint les autres au partage à trois des trophées. Le Serbe a aussi fait preuve de constance par rapport à des joueurs comme Andy Murray, Joe Wilfried Tsonga ou encore Juan Martin Del Potro qui commençaient aussi à émerger à un moment donné. Toutefois, selon la perception populaire, Novak Djoković prend le dessus maintenant que Federer est à la retraite et Nadal également est en fin de carrière. Djoko a longtemps été placé dans une position de challenger par rapport au Suisse et à l’Espagnol. Mais ce qu’on oublie souvent de souligner est que Novak Djoković a 36 ans, soit un an seulement de moins que Rafael Nadal. Autrement dit, il est de la même génération que les deux autres têtes d’affiches et est censé aussi se trouver en fin de carrière. Preuve de sa longévité au haut niveau.

Au-delà des goûts que chacun peut avoir, il faut reconnaître le tour de force que Novak Djoković vient de réaliser avec ce record. En 2008, le Serbe ne comptait qu’un seul titre en grand Chelem. Pendant ce temps, Nadal en était à 10 et Federer à 12. Djoković a véritablement lancé sa remontée à partir de 2011 avant d’atteindre son prime en 2014. Ce qu’on retient est que le tennis mondial a connu une de ses périodes les plus fastes. Alors qu’on distinguait deux icônes au sommet de la discipline, un troisième s’est invité au débat pour créer un monstre à trois têtes.

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