Marco Verratti : le joueur qui symbolise le chantier qui attend Luis Enrique au PSG

Plusieurs problématiques sont soulevées depuis que Luis Enrique est officiellement le nouvel entraîneur du PSG. Il s’agit d’abord de comment il va mettre en place son jeu et les joueurs qu’il va potentiellement y incorporer, puis la gestion de certains joueurs dans le vestiaire. Et, un joueur incarne assez bien ces deux problématiques.

Comme bien souvent avec le milieu italien, le premier problème a rapport déjà avec le terrain. Luis Enrique, comme ses prédécesseurs, va tenter de trouver une solution. Le joueur est connu pour ses frasques, son amour pour le monde de la nuit à Paris, et son hygiène de vie douteuse. Mais, le problème est avant tout tactique et l’on se rend que son hygiène de vie est en corrélation avec les difficultés à l’utiliser sur le terrain à son plein potentiel.

Un profil qui a toujours été problématique 

Marco Verratti a joué la majeure partie de sa carrière à Paris en 6 devant la défense, surtout après le départ de la référence du poste, Thiago Motta. C’était perçu à l’époque comme un passage de témoin entre compatriotes, tout naturel. Motta était sur la fin et Verratti représentait l’avenir du club. Il n’était certes pas physiquement très affûté, mais sa qualité technique permettait au PSG de ressortir les ballons proprement. 

Dans le PSG dirigé par Laurent Blanc à l’époque et son jeu offensif, c’était le profil parfait sur le papier. Malgré sa petite taille, il pouvait être très teigneux dans les duels au sol. Cependant, les problèmes commencent quand le PSG n’a pas le ballon et que tout ne se passe pas comme prévu. Verratti a souvent eu tendance à être dépassé, physiquement comme techniquement quand le niveau s’élève. Les changements d’entraîneurs n’y ont rien changé. Et, pour ne rien arranger, sa nervosité dans ces rendez-vous a fréquemment symbolisé les déroutes parisiennes en Ligue des Champions. 

Un casse-tête tactique

On se rend compte que techniquement, le joueur n’a pas forcément beaucoup évolué ces dernières années. Et, généralement, il tente des dribbles un peu trop risqués aux abords de la surface de réparation. Cela a couté cher au PSG la saison dernière face au Bayern Munich en huitième de finale. Physiquement, il n’a pas le volume de jeu pour résister aux matchs à haute intensité, notamment les phases à élimination directe en LDC. Il a souvent eu du mal à faire les 90 minutes. Pour un numéro 6, c’est insuffisant. De plus, il n’est pas adapté pour jouer plus haut, car il est plus exposé aux duels et a moins de temps pour exécuter ses gestes. Le comble, l’Italien l’a ouvertement dit, il n’aime pas frapper au but. Un atout qui est important pour les milieux offensifs modernes. Kevin De Bruyne ou Bruno Fernandes étant de bons exemples. Finalement, le potentiel du joueur est toujours visible, mais on ne sait pas où le placer. Alors qu’il n’est plus tout jeune (30 ans), il reste pour l’instant un éternel espoir.

Pourtant, les différents entraîneurs ont tenté de l’utiliser, un peu comme Andrea Pirlo à son époque. Les médias trouvaient d’ailleurs des similitudes entre les deux à ses débuts. Pour ce faire, il faut deux joueurs qui ont un volume de jeu énorme pour non seulement avoir un apport offensif, mais pour le “protéger” également des duels et lui permettre de se concentrer sur la partie technique. Dans le Milan AC de Carlo Ancelotti, c’est Clarence Seedorf et Gennaro Gatuso qui assuraient cette fonction. Au PSG, des joueurs comme Idrissa Gueye, Blaise Matuidi, Adrien Rabiot, malgré leur profil box to box, n’ont pas réussi à combler les lacunes de l’Italien. Les raisons sont simples et il y en a deux. D’une part, les lacunes de Verratti sont beaucoup plus importantes que celles de Pirlo qui, techniquement, était injouable malgré son déficit physique. D’autre part, l’intensité du jeu a beaucoup augmenté entre les années 2000 et les années 2020. 

Luis Enrique est face à un dilemme. D’un côté, faire jouer Verratti parce que son profil reste assez intéressant pour une équipe qui veut avoir la possession. D’autre part, il va falloir mettre à ses côtés des joueurs adaptés. C’est à cet effet que des joueurs comme Renato Sanches et Vitinha ont été recrutés la saison dernière. Mais là où le problème se pose, c’est qu’il va possiblement devoir se passer de vrais manieurs de ballons comme Fabian Ruiz et Carlos Soler qui, en confiance et à leur meilleur niveau, peuvent rendre de très bons services.

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