L’époque où l’Angola voulait conquérir l’Afrique et le monde

La Coupe d’Afrique des Nations regorge de nombreux souvenirs dont on ne se lasse jamais. Que ce soit la consécration de la Zambie en 2012 ou des buts à couper le souffle, il y a de quoi avoir des frissons. C’est toujours émouvant quand une modeste équipe bouleverse la hiérarchie. Avant 2024, l’Angola à une époque n’avait pas froid aux yeux. Retour sur la période faste des Palancas negras du milieu des années 2000 au début des années 2010.

L’Angola fait son retour après cinq ans d’absence à la CAN, ajoutant une nouvelle dynamique à la compétition. En se qualifiant pour les quarts de finale de la CAN samedi dernier, elle écrit une des plus belles pages de son histoire. Et si pour les uns, c’est assez surprenant, pour d’autres, les Palancas Negras rééditent l’exploit de 2008 et 2010. Une belle consécration pour un pays qui faisait parler la poudre depuis 2006. 

2005, l’année de l’ascension

Nous sommes en Juin 2006. Le monde s’apprête à revivre l’effervescence du mondial. Et alors qu’on associe les géants du foot dont le Brésil, l’Allemagne ou même l’Argentine de Maradona à ce grand rendez-vous, d’autres nations s’invitent à cette table en toute discrétion. Chose surprenante, l’Afrique se faisait représenter à l’époque par quatre novices : le Togo, la Côte d’Ivoire, la Tunisie et l’Angola. Mais c’est véritablement en 2005 que les Palancas Negras se sont révélés avec une qualification historique. Dans ce lot, l’Angola a été la deuxième équipe la mieux créditée avec 2 unités. D’abord, elle résiste face à l’Iran (1-1) et au Mexique (0-0) avant de craquer contre le Portugal (1-0) dans le groupe D. Un bilan encourageant après les prouesses réalisées en éliminatoires.

Ces résultats encourageants faisaient écho aux performances majestueuses réalisées lors des éliminatoires combinées de la Coupe d’Afrique et de la Coupe du Monde. Dans cette campagne, les Angolais avaient battu respectivement le Nigéria (1-0), l’Algérie (2-1) et le Gabon (3-0), terminant leader devant le Nigeria avec cinq victoires, trois nuls et une défaite. Pour la petite histoire, la Fédération Angolaise de Football avait suspendu le championnat national pour trois semaines afin de se focaliser sur la qualification. Un objectif brillamment réussi car non seulement l’équipe a validé son ticket, mais elle a surtout soulagé, voire libéré un peuple meurtri par la guerre civile. Malheureusement, l’Angola se fera éliminer en phase de poule de la CAN 2006 mais c’est bien deux années plus tard, elle aura son mot à dire. 

2008 et 2010, la confirmation à la CAN

Bien que surprenante, la qualification pour la Coupe du Monde s’est avérée être un bonus que les Palancas Negras ont exploité sur le terrain. L’équipe angolaise s’appuyait sur un championnat local compétitif avec un nombre suffisant de joueurs venus de l’Atlético Petroleos Luanda, un club du pays.  Elle avait également des joueurs talentueux évoluant à la fois en Égypte, au Moyen-Orient, au Portugal et dans divers championnats européens. Désormais, l’Angola est confronté à la lourde responsabilité de confirmer son ascension. C’est alors que les Antilopes Noires vont attendre 2008 au Ghana pour pointer du nez avec une qualification pour les quarts de finale, meilleure performance d’un pays longtemps miné par la guerre. Plus impressionnant encore, elle récidive en 2010 où les objectifs était un peu trop ambitieux : remporter la CAN à domicile, marquant notamment un mémorable match d’ouverture (4-4) contre le Mali. 

En 2008, l’Angola a été placée dans le redoutable groupe de la mort avec la Tunisie, l’Afrique du Sud et le Sénégal. Malgré cela, son effectif équilibré a réussi l’exploit de rester invaincu (2 nuls, 1 victoire) pour passer au second tour. Cependant, leur parcours s’est arrêté face à l’Égypte d’Ahmed Hassan. Deux ans plus tard, ils ont de nouveau été invincibles en phase de groupes (2 nuls, 1 victoire) face au Mali, à l’Algérie et au Malawi. Mais ils ont été éliminés en quart de finale (1-0) par le Ghana. Tout comme en 2024, elle regorgeait déjà certains joueurs dont le talent crevait les écrans. Fredy rappelle un peu le vétéran Flavio Amado en ce sens qu’il était le capitaine et leader. Mais en ce qui concerne le statut de buteur, on peut faire le parallèle avec Gelson Dala. Gilberto renvoie à l’ancien Gilberto de l’époque et Mabululu qui reflète l’image de Manucho, la star des Antilopes Noires, passé par Manchester United. 

Cette prouesse en 2010 portrait surtout l’empreinte de Manuel José, l’entraîneur le plus titré d’Afrique avec 17 trophées dont 4 titres de Ligue des Champions. Fleuri par le sport, le football, ce fût le succès de tout un pays qui s’est donné les moyens de réaliser un coup plus grand que celui de 2008 et 2010. Un passé glorieux dont s’inspire la nouvelle génération qui a la lourde responsabilité de faire mieux que cette épopée face au Nigéria ce 02 février 2024. L’Angola a rendez-vous avec l’histoire.

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