La visite médicale : dans les coulisses de la phase décisive d’un transfert

C’est un terme qui revient souvent en période de mercato. Après que les différentes parties (club vendeur, acheteur, joueur) se soient mises d’accord, le joueur doit passer une visite médicale pour attester de sa bonne santé physique avant la signature. Cependant, dans le public comme dans les médias spécialisés parfois, on n’en maîtrise pas tout à fait les contours. L’affaire Hakim Ziyech-Al Nassr sera utilisé comme cas pratique ainsi que d’autres exemples des Mercato antérieurs.

La visite médicale suit un processus qui se fait en plusieurs étapes. Cela commence par le remplissage de plusieurs documents cliniques. À partir de ce moment-là, les tests peuvent se dérouler.

Une petite formalité… à priori

Le médecin débute avec les prises de sang. Les échantillons prélevés sont ensuite analysés en laboratoire. Afin d’avoir le plus d’informations possibles sur l’état du joueur, certains clubs vont demander jusqu’à huit flacons de sang.

Le joueur doit ensuite aller voir un cardiologue pour se faire examiner son cœur. Un électrocardiogramme vérifie le rythme et l’activité du cœur. Dernière étape, le reste du corps sera analysé. Le joueur passe donc une IRM. Ce dernier permet de compiler un rapport détaillé sur la colonne vertébrale, le bassin, les ischios-jambiers, les genoux et les chevilles. Un examen qui dure entre 1h30 et 2h00.

On ne “rate” pas une visite médicale

Techniquement, l’expression “rater sa visite médicale” n’est pas correcte ou du moins pas appropriée. Les joueurs passent simplement des examens médicaux. Ils ne peuvent par conséquent pas réussir ou rater ladite visite parce qu’ils ne peuvent pas sur la période changer quoique ce soit aux résultats. Le club reçoit le verdict du médecin. Et c’est le club qui décide de la signature ou non d’un joueur, avec les informations qu’il a pu récupérer. Ce détail est important au moment d’évoquer le cas Hakim Ziyech. Lorsqu’on dit que le marocain a raté sa visite médicale, cela porte à croire qu’automatiquement, il ne peut plus être signé.

Même si dans la majorité des cas, les joueurs se font recaler, cela peut arriver que le club concerné décide de signer le joueur malgré tout. Il faut également prendre en compte d’autres facteurs : le budget du club ou encore le besoin de se renforcer à ce poste. Un autre facteur très important, le statut du joueur. Si il s’agit d’un joueur de classe mondiale, le club peut prendre le risque en s’engageant à le remettre sur pied. Ce, si son problème n’est pas de nature à impacter la suite de sa carrière (une grave anomalie cardiaque par exemple). C’est là que se trouve le risque. Investir gros sur un joueur dont on ne peut plus tirer le potentiel constitue une perte énorme sportivement et financièrement.

Ce qui fait capoter les deals

Il était intéressant de voir quelle serait la décision finale d’Al-Nassr au sujet d’Hakim Ziyech. Le club de Cristiano Ronaldo était dans un dilemme. D’un côté, il est compliqué de laisser filer un joueur comme le marocain, qu’on ne présente plus d’ailleurs. De l’autre, cela constitue un gros risque d’autant plus que son salaire devait être compris entre 12-13 millions d’euros par an. De plus, le joueur entre dans la trentaine et à cet âge, on est de plus en plus en proie aux blessures. Finalement, le club saoudien a décidé de jouer la carte de la prudence.

Comme évoqué plus haut, il arrive que des clubs prennent le risque de signer le joueur. Mais ceux-ci ne le font pas sans condition. Le plus souvent, il y a deux options. Soit il essayent de faire baisser le prix du transfert, ou alors ils essayent de faire baisser le salaire convenu avec le joueur. Des conditions qui sont rarement acceptées par le joueur ou le club vendeur. Ce qui conduit à l’annulation du transfert. C’était le cas en 2018 quand Liverpool voulait signer Nabil Fekir. Un problème avait été détecté chez le joueur de Lyon à l’époque. Jean-Michel Aulas a donc refusé la proposition des Reds de réduire le coût de l’opération.

Vous avez aimé cet article de Freddy Akpo ? Faites-le lire à d’autres.

Dans la même catégorie...