Egypte 1-1 RDC (7-8 T.a.b) : voici comment Gabaski s’est fait avoir à son propre jeu

La République Démocratique du Congo s’est qualifiée pour les quarts de finale de la CAN en battant l’Egypte au tirs aux buts. Ce, à la surprise générale vu la réussite des pharaons dans l’exercice et surtout la présence de son gardien Mohamed Abou Gabal alias Gabaski, spécialiste de l’exercice. Mais on se rend compte lorsqu’on se replonge dans la séance, que les congolais ont bien préparé leur coup. Analyse de cette séance de tirs aux buts entre bataille psychologique et stratégie. 

L’on a pendant longtemps perçu la séance des tirs aux buts comme une loterie. Bien entendu, c’est un exercice dans lequel on a beaucoup moins son destin entre les mains que pendant le temps réglementaire. Mais de nos jours, c’est un exercice qui se prépare. Il est technique, même si certains aiment occulter cet aspect. Mais il est surtout psychologique. Et la séance d’hier, et particulièrement le duel “Gabaski vs les tireurs congolais” montre à quel point savoir jouer aux “mind games” peut être un gros atout. 

“Le premier coup fait la moitié du combat”

C’est un dicton qui prend tout son sens dans ce contexte. Avant de parler stratégie, les congolais devaient faire avec un facteur dont le poids n’est pas négligeable. Il fallait impérativement marquer son tout premier tir au but pour ne pas se mettre dans une spirale négative pour la suite. Ce qui sera fait. Mais ce n’est pas le seul tour de force des Léopards. Gabaski est connu pour avoir durant les séances de tirs aux buts une bouteille d’eau. Sur cette bouteille, il y a des indications sur le côté préférentiel des tireurs en fonction de leurs précédents tirs. 

Des informations que le gardien Egyptien a bien entendu eu à consulter, la réalisation s’est souvent attardée sur lui au début de la séance. Mais force est de constater que sur les trois premiers tirs congolais, Gabaski se faisait prendre à contre pied. Chose assez inhabituelle car à défaut d’arrêter les tirs, il avait cette faculté à plonger du bon côté. Les tireurs de la RDC avaient donc gagné la première bataille psychologique face au gardien egyptien. Même avec ses indications sur la bouteille d’eau, Gabaski ne sait plus si les congolais vont tirer sur leur côté préférentiel, ou alors changer comme ils semblent le faire.

Quand l’adversaire entre dans ta tête 

Gabaski se rend alors compte que son plan A vient de voler en éclat. Comme par hasard, la réalisation ne montre plus à partir de ce moment des images de lui, consultant sa bouteille. Après le troisième tir des congolais, Gabaski prend une décision pour le moins radicale. Il ne va plonger que du côté droit pour le reste de la séance. L’idée c’est qu’à un moment donné, un congolais finira par tirer de ce côté. Deux raisons l’ont peut-être poussé à faire ce pari. D’une part, on peut supposer qu’il n’avait plus d’indications sur les autres tireurs, surtout qu’on est allé au-delà des 5, qui sont souvent les vrais habitués. D’autre part, il faut se rappeler que Gabaski a eu une gêne au niveau de l’épaule vers la fin des prolongations. Il faut savoir que les gardiens ont aussi un côté préférentiel en fonction du fait qu’ils soient gauchers ou droitiers. On peut donc penser que pour ne pas se faire encore mal, il a choisi le côté sur lequel il lui était facile de plonger. 

Dans un cas ou dans l’autre, toujours est-il que les Léopards ont bien compris son choix. Chancel Mbemba et ses coéquipiers vont alors prendre un malin plaisir à le prendre à contre pied jusqu’à la fin de l’exercice. Chaque fois, à l’exception d’un tir. Car oui, le plan de Gabaski était à deux doigts de fonctionner. Sur le huitième tir, il plonge du bon côté, à droite, mais n’arrive pas à arrêter le ballon. Mais lorsqu’on regarde le ralenti, on se rend compte que Gabaski a un petit temps d’hésitation avant de plonger. Comme s’il avait songé à changer de côté, ayant marre de toujours se faire prendre à contre pied. La preuve que les tireurs congolais ont réussi à réellement entrer dans sa tête

Après avoir manqué lui-même son tir, il choisit encore de plonger à droite sur le dernier tir congolais. Mais cela se voit qu’il part sans conviction et se fait prendre une nouvelle fois à contre pied. Et c’est ainsi que celui qui a été une terreur dans l’exercice à la CAN en 2022, s’est fait prendre à son propre piège.  

Vous avez aimé cet article de Freddy Akpo ? Faites-le lire à d’autres.

Dans la même catégorie...

Le Nigéria et l’Afrique du Sud jouent, ce mercredi 7 février 2024 une place en...

Rotimi Bamigbola
76

Benedict Saul McCarthy, de son nom complet, est peut-être le plus grand joueur sud-africain de...

Freddy Akpo
169